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dimanche 10 février 2013

Le smartphone : 207e os du corps humain

Ce n'est pas moi qui le dis : c'est la très sérieuse firme américaine Cisco dans sa dernière étude sur les usages de  1800 18-30 ans dans 18 pays. Il semblerait que la génération Y (et pas seulement elle, soyons honnêtes) soit atteinte de nomophobie : la peur irrépressible d'être séparée de son mobile.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 90 % d'entre eux s'arment de leurs portables avant même de sortir du lit, 1 sur 5 regarde son portable au moins toutes les 10 minutes et 60 % reconnaissent l'utiliser de manière compulsive.
Désormais la frontière entre vie professionnelle et personnelle n'existe plus et la nomophobie semble vouée à une belle progression : le boom des tablettes, objets connectés et autres devices  en sont les meilleures preuves...

Une infographie de  Kantar Media que je viens de trouver complète parfaitement cet article :
 

mardi 29 janvier 2013

2013 point zéro





« J’ai des choses à te dire, des choses qui ne se disent pas sur messagerie ou avec des SMS… » Cette chanson de R and B à l’eau de rose est bien dépassée puisque SMS, messagerie instantanée, Twitter ou autre Facebook sont des lieux où on « ose ».  On « ose » livrer ses pensées les plus personnelles, celles qu’on ne livrerait sans doute pas « In real life », la barrière du virtuel faisant paradoxalement office de… libérateur. On « ose « entamer une discussion avec de parfaits inconnus qu’on n’aurait sans doute jamais abordés dans la rue, on « ose » donner son avis sur n’importe quel sujet, même les plus sensibles. 

Le digital serait-il devenu un carnet intime géant ? Un psychanalyste virtuel ? Un catalyseur d’émotions ? Il fait en tout cas office de désinhibiteur  pour les plus timides, les oppressés mais aussi les contestataires, les extravertis, les leaders… Bref tout le monde! Véritable terrain de jeu plus grand que nature qui soigne l’esprit et l’âme de certains et recueille les souffrances des autres, le web délie les langues.

Mal ou bien ? Les deux arguments se défendent mais je souhaite simplement pointer du doigt ici un sujet cher à mon cœur : la surconsommation virtuelle qui masque parfois une bien grande solitude bien réelle…

Alors simplement, je m’interroge : 2013 se profile (entre autre) comme l’année des objets connectés. On pourra maintenant converser avec presque toutes nos machines du quotidien pour nous simplifier la vie. Pratique certes, mais cela ne va-t-il pas la « survirtualiser » encore un peu plus ?

jeudi 10 janvier 2013

Tranche de vie #3 : combien de likes vaut la mort ?

J'ai été quelque peu interloquée par un post récemment lu dans mon fil d'actualité Facebook : une de mes amies en likant le message d'une de ses connaissances (que je ne connaissais donc pas) m.a permis de lire que celle-ci souhaitait un joyeux anniversaire à sa mère... décédée d'un cancer. Résultats : 57 likes et 7 messages de soutien ! Ce type de message me fait bondir ! Quel besoin à-t-on d'étaler un sujet aussi douloureux auprès du tout venant ? Je ne doute évidemment pas de la peine et la tristesse réelles de cette jeune fille, la perte d'une mère étant quelque chose d'indescriptible. Ce qui m'effraie est  une fois de plus à quel point Facebook fait partie intégrante de beaucoup de vies, au point d'y partager des événements aussi sensibles.
Je pense que certains événements réclament pudeur et intimité.

samedi 27 octobre 2012

Cybercondriaques : les docteurs es Google


Qui n’a jamais tapoté sur le web à la recherche d’un diagnostic médical ? Là où le bât blesse c’est quand ce réflexe nourrit les peurs des « cybercondriaques ». Prisonniers de leur phobie de la mort, ceux-ci s’attribuent forcément les maladies les plus graves au moindre mal de tête. Pis encore : certains s’autoproclament médecins. « Parfois, les cybercondriaques font tellement de recherches qu’ils perdent la réalité de leurs sensations » explique Evelyne Gendron, médecin généraliste à Carcassonne,  dans une interview donnée au magazine Causette « Avant le médecin, c’était la connaissance ; aujourd’hui il est mis en doute par cette population qui, parfois l’assiège ».

Cette période de crise conjuguée à la surmédiatisation voire la vulgarisation de la santé via les magazines ou la télévision encouragent ce phénomène. Le plus grave dans tout cela ? En confiant leurs peurs à un moteur  de recherche, les internautes se soumettent  à la loi d’un simple algorithme. Ils pensent en effet souvent à tort que « Google » pour ne citer que lui, rime avec avis d’expert. Pour eux, un site arrivant en tête d’une requête est forcément pertinent comme le stipule une étude menée par les chercheurs Ryen White et Eric Horvitz de Microsoft. 

Dans sa version anglophone, Google propose carrément depuis début 2012 un nouveau résultat visant à améliorer les requêtes liées aux symptômes. Le hic ? Elles ne correspondent en rien à une liste avalisée par des experts médicaux.

A l’heure du « cyberréflexe » pour tout, il semble compliqué de s’empêcher de se renseigner sur Internet. Il faut néanmoins savoir prendre du recul et surtout ne pas rompre le lien avec le corps médical « in real life » pour ne pas faire partie du tiers des internautes qui deviennent cybercondriaques. (1)

Nouveaux comportements : tout est dit dans une video !

Parce que parfois une bonne vidéo vaut mieux qu'un long discours, j'ai décidé de poster le court métrage "Online now" mis en scène par Jake Ross et Jake Dolgy et qui illustre d'après moi très bien un grand nombre de nos comportements.

Prenez les 11 minutes nécessaires pour cette petite prise de conscience !


Source http://www.pocketjakes.com/




samedi 6 octobre 2012

3 paradoxes liés aux nouvelles technologies


Je ne suis pas contre les avancées technologiques, bien au contraire. Elles nous ouvrent des possibilités infinies, nous permettant d’aller plus vite, de garder le contact, partout, tout le temps, donnent accès à des millions d’informations…  Il n’en demeure pas moins qu' elles génèrent, d’après moi, certains paradoxes


  • Plus on est « sans fil », moins on est libre                                                             Wifi, téléphone cellulaire, Bluetooth, NFC… et si toutes ces technologies  nous empêchaient finalement de «  couper le cordon » ? Victimes du  SoLoMo (Social Local Mobile), nous passons notre temps à  informer notre « communauté » d’où nous sommes, de ce que nous faisons et à scruter ce qu’elle fait en retour. Nous offrons ainsi une vue imprenable sur notre vie et devenons, en échange, de véritables Big Brother !

  • Plus on a d’amis virtuels, plus on peut se sentir seul                                           Epictète, philosophe de l’école stoïcienne écrivait déjà « Pense que très souvent on n'est pas moins seul au milieu de Rome, au milieu de ses parents, de ses amis, de ses voisins, et d'une foule d'esclaves. Ce n'est pas la vue d'un homme qui rompt la solitude, c'est la vue d'un homme vertueux, fidèle, secourable. » "L’ultraconnexion" actuelle ne favorise-t-elle pas finalement un sentiment de solitude ?  Une étude de Mediaprism auprès des 18-35 ans va d'ailleurs dans ce sens. Les interrogés y déclarent ainsi avoir  178 amis virtuels pour 7 vrais amis et 98 % de ceux qui souffrent de solitude sont tous les jours… sur Internet. 

  • Plus on communique... moins bien on communique                                                 A force de "surcommuniquer", nous ne faisons plus l’effort de réellement converser, nous survolons les conversations, en limitant certaines  à 140 caractères, truffées de contractions, abréviations voire de fautes d’orthographe.  Un manque de profondeur et de chaleur qui me frappe au quotidien et qui ne remplace pas un coup de téléphone chaleureux ou une bonne vieille visite IRL !

Il n’y a  pas que trois paradoxes nés de nos comportements 2.0 ni que des points négatifs. Dans cette course effrénée après le temps, il serait simplement bon que nous nous déconnections davantage pour ralentir le rythme de notre vie et profiter des choses simples.